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Vie privée & RGPD

Scratch et les données enfant : ce qu'un parent doit savoir

Par L'équipe pédagogique Early Eyes · 7 min de lecture · Mis à jour juin 2026

Deux enfants concentrés devant des ordinateurs dans une classe lumineuse, comme pour apprendre à coder avec Scratch
Photo : Gustavo Fring via Pexels

En bref

Scratch collecte peu de données enfant : pour créer un compte, il demande un nom d'utilisateur (qui ne doit pas être le vrai nom), un mot de passe, le mois et l'année de naissance, le pays et, surtout, l'e-mail d'un parent pour les moins de 16 ans. La principale question pour un parent n'est pas la collecte, mais la dimension publique de Scratch : projets partagés, commentaires et communauté en ligne. En utilisant la version installée hors ligne, ou en réglant les paramètres de partage et de commentaires, on profite de Scratch tout en gardant la vie privée de l'enfant sous contrôle.

Quelles données Scratch collecte-t-il vraiment sur un enfant ?

Scratch est développé par la Scratch Foundation, une organisation à but non lucratif née au MIT. C'est une différence majeure avec beaucoup d'applications du marché : son modèle ne repose pas sur la publicité ni sur la revente de données, et sa politique de confidentialité est explicitement orientée vers la protection des enfants. La collecte y est volontairement réduite au minimum nécessaire pour faire fonctionner les comptes et la communauté.

Concrètement, créer un compte sur le site de Scratch demande peu d'informations. La plateforme insiste d'ailleurs pour que le nom d'utilisateur ne contienne pas le vrai nom de l'enfant. C'est un point essentiel à expliquer dès l'inscription : le pseudo est public, le vrai prénom ne doit jamais y figurer.

  • Un nom d'utilisateur (pseudo), qui ne doit pas être le vrai nom de l'enfant.
  • Un mot de passe.
  • Le mois et l'année de naissance (pas la date complète).
  • Le genre et le pays, pour des statistiques internes.
  • L'adresse e-mail d'un parent pour les comptes d'enfants de moins de 16 ans.

En ligne ou hors ligne : la distinction qui change tout

La plupart des inquiétudes des parents au sujet de Scratch ne viennent pas de la collecte de données, mais de la dimension communautaire de la version en ligne. Or il existe deux façons d'utiliser Scratch, et elles n'impliquent pas du tout les mêmes enjeux de vie privée.

La version en ligne, sur le site scratch.mit.edu, permet de créer un compte, de partager ses projets publiquement et d'échanger avec d'autres utilisateurs via des commentaires. L'application Scratch installée sur l'ordinateur (Scratch Desktop), elle, fonctionne entièrement hors ligne : aucun compte, aucune connexion, aucun partage, aucune donnée envoyée. L'enfant code, enregistre ses fichiers en local, et personne d'autre n'y a accès.

  • Scratch en ligne : compte requis, projets partageables, commentaires et communauté.
  • Scratch hors ligne (Desktop) : aucun compte, aucune donnée transmise, projets stockés sur l'ordinateur.
  • ScratchJr (5-7 ans, tablette) : application locale, sans compte ni communauté en ligne.
  • Pour les plus jeunes ou les parents prudents, la version hors ligne est l'option la plus sobre en données.

La communauté Scratch est-elle un risque pour mon enfant ?

La force de Scratch en ligne, c'est aussi sa source de vigilance : c'est une vraie communauté, avec des millions de projets partagés et des espaces de commentaires. Cette ouverture est précieuse pour la créativité et l'inspiration, mais elle expose l'enfant à des interactions avec des inconnus, comme tout réseau social.

Scratch encadre cela mieux que la moyenne : une équipe de modération applique des règles de communauté strictes, les commentaires sont filtrés, et la plateforme rappelle régulièrement de ne jamais partager d'informations personnelles. Le risque le plus fréquent n'est donc pas le piratage, mais le fait qu'un enfant révèle de lui-même des informations : son vrai nom dans un projet, son école, son âge précis ou une photo. La conversation avec votre enfant compte ici autant que les réglages techniques.

Scratch est-il conforme au RGPD et que protège la loi ?

Scratch est une plateforme américaine, mais le RGPD s'applique dès qu'un service s'adresse à des résidents européens. En France, le consentement d'un parent est requis pour les moins de 15 ans ; Scratch, de son côté, demande l'e-mail d'un parent pour valider les comptes des enfants de moins de 16 ans. La plateforme prévoit aussi un compte spécifique pour les enseignants (Scratch Teacher Account), qui permet de créer des comptes d'élèves sans e-mail individuel.

Aux États-Unis, Scratch respecte également la loi COPPA, qui encadre la collecte de données des moins de 13 ans. Pour un parent en France, l'essentiel tient en trois droits garantis par le RGPD : savoir quelles données sont collectées, demander leur correction, et exiger leur suppression. Scratch permet de supprimer un compte et les données associées depuis les paramètres du profil.

  • Consentement parental requis en France pour les moins de 15 ans.
  • E-mail d'un parent demandé par Scratch pour les comptes de moins de 16 ans.
  • Comptes enseignants disponibles pour gérer une classe sans e-mail par élève.
  • Droit à la suppression du compte et des données depuis les paramètres.

Comment régler le compte Scratch de votre enfant en sécurité

Quelques minutes de réglages suffisent à transformer l'expérience. L'idée n'est pas d'interdire, mais de cadrer : laisser à l'enfant la richesse de Scratch tout en limitant son exposition publique. Ces gestes valent aussi bien à la maison qu'en classe.

Le réflexe le plus important reste éducatif : expliquer à l'enfant que tout ce qu'il publie ou commente peut être vu par des inconnus, et qu'aucune information personnelle (nom, adresse, école, photo, réseaux sociaux) ne doit y figurer. Le pseudo, l'avatar et la description du profil sont publics : mieux vaut les choisir ensemble.

  • Choisir un pseudo neutre, sans le vrai nom ni l'année de naissance.
  • Garder les projets en mode non partagé tant que l'enfant débute.
  • Désactiver ou surveiller les commentaires sur ses projets et son profil.
  • Renseigner votre propre e-mail de parent, jamais celui de l'enfant.
  • Vérifier régulièrement avec l'enfant ce qu'il a publié et lu.
  • Préférer la version hors ligne ou ScratchJr pour les plus jeunes.

Une autre approche : apprendre à coder sans exposer l'enfant

Scratch reste une excellente porte d'entrée vers la programmation, et sa fondation à but non lucratif inspire confiance. Mais sa dimension communautaire demande un accompagnement actif du parent. Certaines familles préfèrent un cadre fermé, où l'enfant apprend sans aucun espace public ni interaction avec des inconnus.

C'est l'orientation d'Early Eyes, une application française qui apprend à coder aux enfants de 8 à 12 ans avec la méthode du code-dessin. Sa conception « RGPD-K » va plus loin que la minimisation : les comptes enfants fonctionnent par identifiant et code, sans e-mail enfant, et le prénom de l'enfant n'est jamais transmis au tuteur IA qui l'accompagne par des indices progressifs. Il n'y a ni communauté publique, ni commentaires d'inconnus, ni partage social : l'enfant code, voit le résultat de son vrai code à l'écran, et le parent suit ses progrès depuis un espace dédié. C'est une réponse parmi d'autres, qui montre qu'on peut apprendre à programmer sans jamais exposer l'identité de l'enfant.

Les versions de Scratch en un tableau

VersionCompte requisCommunauté / partageDonnées transmisesPour qui
Scratch en ligne (scratch.mit.edu)OuiOui (projets, commentaires)OuiEnfant prêt à partager, avec accompagnement
Scratch Desktop (hors ligne)NonNonAucune (projets en local)Parents prudents, exposition minimale
ScratchJr (tablette)NonNonAucunePlus jeunes (5-7 ans)
Comparaison des trois versions de Scratch selon les données et l'exposition publique, d'après l'article.

Et si votre enfant essayait ?

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Questions fréquentes

Faut-il forcément créer un compte pour utiliser Scratch ?

Non. La version installée sur l'ordinateur (Scratch Desktop) et l'application ScratchJr fonctionnent entièrement hors ligne, sans compte ni connexion. L'enfant peut programmer et enregistrer ses projets en local. Le compte n'est nécessaire que pour partager des projets en ligne et accéder à la communauté du site.

Scratch demande-t-il le vrai nom de mon enfant ?

Non, et c'est même déconseillé. Scratch demande un nom d'utilisateur qui ne doit pas être le vrai nom de l'enfant, un mot de passe, le mois et l'année de naissance, le pays et l'e-mail d'un parent. Choisissez ensemble un pseudo neutre : il est public et visible par toute la communauté.

Les commentaires sur Scratch sont-ils dangereux ?

Scratch dispose d'une modération et de règles de communauté strictes, ce qui limite les abus. Le principal risque est qu'un enfant partage lui-même des informations personnelles. Vous pouvez désactiver les commentaires sur ses projets, surveiller les échanges, et lui rappeler de ne jamais donner son nom, son adresse ou son école.

Scratch respecte-t-il le RGPD pour mon enfant en France ?

Le RGPD s'applique car Scratch vise des résidents européens. La plateforme, gérée par une fondation à but non lucratif, collecte peu de données et demande l'e-mail d'un parent pour les moins de 16 ans. Vous pouvez consulter sa politique de confidentialité et supprimer le compte et les données depuis les paramètres du profil.

Quelle version de Scratch choisir pour un enfant prudent ?

Pour un enfant de moins de 7 ans, ScratchJr sur tablette fonctionne sans compte. Pour limiter au maximum les données et l'exposition publique, installez Scratch Desktop sur l'ordinateur : il fonctionne hors ligne, sans compte ni partage. La version en ligne reste idéale quand l'enfant est prêt à partager, avec votre accompagnement.

Comment supprimer le compte Scratch de mon enfant ?

Connectez-vous au compte, allez dans les paramètres du compte, puis dans la rubrique de suppression. Scratch propose de supprimer le compte et les données associées, conformément au droit à l'effacement du RGPD. En cas de doute, l'e-mail du parent enregistré permet de contacter le support de la Scratch Foundation.